En mars 2026, nous avons accueilli à la coordination nationale Action Damien, une délégation scientifique composée du professeur Bouke De Jong de l’Institut de Médecine Tropicale (IMT) et du professeur Marie-Josée Kabedi de l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) pour un échange autour d’un projet de recherche sur la lèpre intitulée : « Etude sur la transmission et la résistance de Mycobacterium Leprae / Mycobacterium lepromatosis en Afrique ».
Financée par la Leprosy Research Initiative (LRI), cette étude multicentrique, menée dans quatre pays africains (Burundi, Cameroun, Ghana, RDC), vise à mieux comprendre la transmission de la lèpre et la résistance aux médicaments antilépreux.
Au cours de cette rencontre, nous avons échangé sur notre éventuelle participation à cette étude, dans le cadre de notre engagement dans la lutte contre la lèpre. Nous avons également discuté de la faisabilité et des modalités pratiques de sa mise en œuvre, notamment en ce qui concerne la surveillance de la résistance des bactéries aux traitements, un enjeu majeur pour garantir leur efficacité.
En RDC, initialement prévue dans les provinces de Kinshasa et du Kongo Central, où le nombre de cas reste faible, l’étude pourrait être étendue à d’autres provinces plus endémiques, notamment le Tanganyika, la Tshopo et le Haut-Katanga, qui comptaient plus de 1 000 cas par an en 2024. Une telle extension permettrait de mieux documenter la situation, renforcer la surveillance de la maladie, de la résistance aux médicaments, ainsi qu’accroître l’impact des interventions sur le terrain.
À l’échelle nationale, la lèpre demeure un problème de santé publique dans certaines provinces, malgré les efforts engagés ces dernières années. Tandis que les zones comme Kinshasa, enregistrent un faible nombre de cas, d’autres régions plus endémiques, citées ci-dessus, continuent de signaler un nombre élevé de nouveaux cas chaque année. Cette situation met en évidence la nécessité de renforcer le dépistage précoce, la sensibilisation des communautés et l’accès au traitement afin de limiter les complications et interrompre la transmission. Grâce à l’engagement des autorités sanitaires et des partenaires, des progrès sont réalisés, mais la lutte contre la maladie nécessite une vigilance constante et des interventions adaptées aux réalités locales.
La lèpre, une infection chronique causée par la bactérie Mycobacterium leprae. Elle affecte principalement la peau, les nerfs périphériques (de mains et de pieds), les yeux en passant par les voies respiratoires supérieures. En l’absence de traitement, elle peut entraîner des déformations et des handicaps permanents. Heureusement, la maladie est curable grâce à la polychimiothérapie (MDT – Multi-Drug Therapy), qui combine généralement trois médicaments : la dapsone, la rifampicine et la clofazimine, administrés sur plusieurs mois pour garantir l’élimination de la bactérie et prévenir la transmission.
Ainsi, cette rencontre représente une étape majeure dans le renforcement de la collaboration scientifique et de la recherche. Elle contribue à mieux comprendre la lèpre et à améliorer la prise en charge des patients en RDC, tout en consolidant nos efforts pour lutter efficacement contre cette maladie.